Journées Françaises de Radiologie

 

Conférence Antoine Béclère

Publié le 27/07/2010, mis à jour le 16/08/2010 par SFR

L'ASN : constats et perspectives en radiologie

Nous vous attendons le dimanche 24 octobre de 12h30 à 13h30, Amphithéâtre Bleu

Les plus fortes doses de rayonnements ionisants d’origine artificielle délivrées à la population sont le fait des expositions médicales des patients. Dans certains pays comme les USA et le Japon, elles sont la première source d’exposition de la population. En France, elles ont augmenté de 57% en 5 ans (rapport 2010 IRSN-InVS).
Deux causes expliquent cette croissance : l’augmentation du nombre des examens réalisés et l’augmentation de la dose délivrée par les examens les plus performants (scanner, TEP et radiologie interventionnelle) qui peut atteindre le niveau de 20 mSv, limite annuelle de dose à ne pas dépasser par un travailleur affecté aux travaux sous rayonnements.

Parce que ces examens sont utiles pour le diagnostic des maladies, le suivi de leur évolution et leur traitement, l’augmentation des expositions médicales apparaît inéluctable.

Mais de nombreuses publications internationales rapportent déjà des excès de cancers dus aux expositions médicales, calculés sur la base des estimations de risque pour les faibles doses de rayonnements ionisants. Même si ces calculs ne sont pas valides, le cumul de doses lié à la répétition d’examens peut conduire au niveau supérieur des faibles doses (50mSv chez l’enfant et 100 mSv chez l’adulte) où l’épidémiologie pourrait démontrer dans 20 ou 30 ans un véritable excès de cancers.

Le temps est venu pour un plan mondial de limitation de la progression des doses d’origine médicale et l'Agence de Sûreté Nucléaire (ASN) demande aux professionnels :

• le renforcement de la justification des examens afin d’éliminer les examens inutiles, en particulier par la mise en oeuvre effective du guide du bon usage des examens d’imagerie médicale en cours de révision ;

• le renforcement de l’optimisation de la réalisation de ces examens par des procédures toujours plus adaptées selon le principe ALARA.

Enfin, l’ASN souligne que l’IRM, méthode non irradiante, qui devrait être utilisée préférentiellement pour un grand nombre d’examens, notamment du cerveau, de la moelle épinière, des articulations et chez les enfants, ne peut souvent pas l’être car la France est très insuffisamment dotée en IRM. Il faudrait doubler le parc des appareils d’IRM.